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Gianduja : c'est quoi, et que contient-il vraiment ?

Le gianduja est du chocolat mêlé de 20 à 40 g de noisettes pour 100 g. Origine turinoise, bornes fixées par la loi, écart avec le praliné et le Nutella.

ParMargaux6 min de lecture

Le gianduja est un chocolat additionné de noisettes finement broyées : 20 à 40 g pour 100 g en version noire, 15 à 40 g en version au lait, selon la directive européenne de 2000. Né à Turin, il n'a rien d'un praliné. Et il s'éloigne encore plus d'une pâte à tartiner.

Du chocolat qui contient des noisettes, pas l'inverse

Il y a d'abord un chocolat, puis des noisettes broyées si fin qu'on ne les sent plus sous la dent. Le résultat est plus mou qu'une tablette, parce que l'huile de noisette reste liquide à température ambiante, comme le résume la notice encyclopédique consacrée au gianduja.

D'où vient le gianduja, et pourquoi porte-t-il le nom d'un pantin ?

De Turin, au début du XIXe siècle, et d'une pénurie.

En 1806, le blocus continental décidé par Napoléon coupe l'Europe des marchandises britanniques, et le cacao devient rare et cher. Les chocolatiers turinois y mêlent alors ce qu'ils ont sous la main : les noisettes du Piémont, la Tonda Gentile des Langhe, selon le portail du gouvernement italien. Une économie de guerre est devenue une spécialité.

Le nom vient de Gianduja, marionnette du carnaval piémontais qui incarne le Piémontais type.

Reste le gianduiotto, ce lingot qu'on associe à Caffarel, et là les sources se contredisent. L'une date son invention de 1852, l'autre sa présentation au carnaval de Turin de 1865. Je ne tranche pas : aucune des pages consultées le 13 octobre 2026 ne donne ses pièces, et un chiffre rond répété partout n'est pas une preuve.

Combien de noisettes un gianduja doit-il contenir ?

La loi répond, ce qui est rare dans l'univers des pralines. La directive 2000/36/CE fixe les bornes, et l'arrêté royal belge du 19 mars 2004, qui la transpose, les reprend.

VersionChocolat de base exigéNoisettes finement broyées pour 100 gAutres fruits à coque
Gianduja (chocolat)au moins 32 % de matière sèche de cacao, dont 8 % de cacao dégraissé20 à 40 gentiers ou concassés, total avec les noisettes broyées limité à 60 %
Gianduja au laitchocolat au lait d'au moins 10 % de matière sèche de lait15 à 40 gmême limite de 60 %

Du lait ou de la matière sèche de lait peut aussi s'ajouter au gianduja noir, jusqu'à 5 % du produit fini. Les fruits à coque entiers ou concassés comptent dans la limite de 60 %, ce qui laisse une marge énorme : un gianduja bourré d'éclats de noisettes et d'amandes reste un gianduja, tant que les noisettes broyées respectent leur plancher.

Un calcul pour fixer les idées, daté du 13 octobre 2026. Dans une boîte de 250 g de gianduja noir, la loi impose donc de 50 à 100 g de noisettes broyées. Dans la même boîte en version au lait, de 37,5 à 100 g. Pour le noir, l'écart entre le plancher et le plafond est de un à deux, ce qui explique qu'on trouve des gianduja très différents sous le même nom : une recette au minimum légal et une recette généreuse ne se goûtent pas pareil, même si l'étiquette porte le même mot.

Praline au gianduja posée sur un plateau de chocolatier belge
Sous le chocolat de la praline, une pâte de noisettes broyées si fin qu'elle ne croque plus.

Gianduja, praliné, pâte de noisette, pâte à tartiner : où passe la frontière ?

Quatre produits se ressemblent sur l'étal et n'ont presque rien en commun dans la recette. Le tableau s'appuie sur la directive, sur le Code des usages français pour le praliné, et sur la fiche Open Food Facts d'une pâte à tartiner célèbre, consultée le 13 octobre 2026.

ProduitNoisettesCacaoCadre légal
Gianduja noir20 à 40 g pour 100 g, broyéeschocolat de base, 32 % de matière sèche de cacao au moinsdirective 2000/36/CE
Pralinéau moins 50 % de fruits secs caramélisésaucunusage français, pas de texte européen
Pâte de noisette100 %, rien d'autreaucunaucun
Pâte à tartiner (fiche consultée)13 %7,4 % de cacao maigre en poudreaucun seuil de gianduja

Treize grammes de noisettes pour cent : deux grammes sous le plancher du gianduja au lait, sept sous celui du noir. Sur la même fiche, l'huile de palme pèse environ 18 % et le sucre plus de 50 %, d'après l'estimation de la base. La pâte à tartiner descend bien du gianduja, qu'on appelait Pasta Gianduja à l'origine, mais la parenté s'arrête à la généalogie.

Pour le praliné et ses cousins, le détail est dans notre article sur le praliné et la praline.

Comment reconnaître un bon gianduja ?

Par la liste d'ingrédients d'abord, parce que c'est elle qui ne ment pas.

  • Les noisettes apparaissent haut dans la liste, et la maison donne leur pourcentage quand elle est fière de sa recette.
  • Le beurre de cacao fait partie des matières grasses citées ; une mention « contient des matières grasses végétales en plus du beurre de cacao » signale une recette moins noble.
  • La texture fond d'un bloc, sans cirer le palais ni laisser de sable.
  • L'odeur de noisette est nette, jamais de gras rance : la noisette broyée vieillit mal.

Le relevé du 13 octobre 2026 sur la fiche de la praline Gianduja de Leonidas donne, dans l'ordre : sucre, noisettes, beurre de cacao, poudre de lait entier, pâte de cacao, lécithine de soja, vanille naturelle. Aucune huile de palme n'y figure. La fiche ne publie pas le pourcentage de noisettes, et c'est la limite de ce relevé : on lit l'ordre, pas le dosage.

Peut-on faire du gianduja chez soi ?

Oui, avec patience et un robot qui ne cale pas.

  1. Torréfiez des noisettes au four jusqu'à ce que la peau se détache, puis frottez-les dans un torchon.
  2. Broyez-les longtemps : la poudre bascule en pâte quand l'huile sort, comme pour un praliné.
  3. Faites fondre le chocolat, noir ou au lait, et mêlez-y la pâte : 30 g de pâte pour 70 g de chocolat restent dans les bornes de la loi.
  4. Tempérez le mélange si vous voulez une tablette brillante, ou utilisez-le tel quel comme fourrage.

À quoi sert-il, et lequel choisir selon l'usage ?

Votre projetPrenezPourquoi
Fourrer des bonbons ou des chouxgianduja en pâte ou en blocferme au froid, fond en bouche
Du croquant sur un dessertdu pralin, pas du giandujades éclats secs, sans chocolat ni pâte
Une tartine du matinune pâte à tartiner, en lisant l'étiquettele gianduja pur est plus ferme et ne s'étale pas à froid
Une tablette à croquerun gianduja au lait ou noir tempérébrillant et cassant à froid
Une allergie aux fruits à coquerien de cette famillela noisette est dans la définition

Pour comparer les pâtes à tartiner du commerce, notre sélection va plus loin. Les amateurs de pâtisserie liront aussi le chocolat de couverture, et le classement donne l'ordre des maisons belges.

Comparateur Pralines & spécialités

Compare tous les pralines & spécialités côte à côte.

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Questions fréquentes

Oui. La directive européenne 2000/36/CE le définit comme un chocolat de base, d'au moins 32 % de matière sèche de cacao dont 8 % de cacao dégraissé, auquel on ajoute des noisettes. Sans cette base, le mot n'a pas le droit d'être employé.

Le praliné est une pâte de fruits secs caramélisés, sans cacao, dont l'usage français exige au moins 50 % de fruits secs. Le gianduja est un chocolat qui contient 15 à 40 g ou 20 à 40 g de noisettes broyées pour 100 g, selon sa version.

Pas par définition : la loi parle de noisettes finement broyées. Des amandes, des noisettes ou d'autres fruits à coque, entiers ou concassés, peuvent s'y ajouter, à condition que le total avec les noisettes broyées ne dépasse pas 60 % du produit.

Pas au sens de la loi. La fiche consultée le 13 octobre 2026 indique 13 % de noisettes et du cacao maigre en poudre, là où le gianduja exige un chocolat de base et au moins 15 g de noisettes pour 100 g. L'ancêtre de la pâte à tartiner s'appelait pourtant Pasta Gianduja.

Non, il contient des noisettes, donc un fruit à coque, et les ateliers manipulent d'autres fruits à coque. Pour une allergie, lisez l'étiquette de chaque pièce et demandez la liste des allergènes au comptoir.

En vitrine, dans les assortiments de pralines : Leonidas en vend une qui porte le nom, à base de chocolat au lait et de noisettes broyées. Pour la pâtisserie, plusieurs fabricants de couverture proposent du gianduja, à vérifier sur leur fiche technique.

Pour une tablette ou un enrobage brillant, oui, comme n'importe quel chocolat. L'huile de noisette reste liquide à température ambiante, donc le gianduja est plus mou et fond plus bas qu'un chocolat nature : gardez-le au frais.

Bruxelloise pur sucre, Margaux arpente les chocolateries belges depuis plus de dix ans. Ancienne pâtissière reconvertie dans le journalisme gourmand, elle goûte, compare et raconte le chocolat belge sans complaisance — des grandes maisons aux ateliers de quartier.